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194 Les Spectacles dela Foire.
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puiffent repréfenter des comédies françoifes, et qu'il eft défendu à tous autres d'en repréfenter aucune, dans lequel privilège ils ont toujours été maintenus ; que plufieurs particuliers qui fréquentent les foires St-Laurent et St-Germain, danfeurs de corde et autres qui donnent des fpectacles au public pendant le cours defditcs foires, s'étant donné la liberté dc vouloir jouer des comédies, d'autres quelques fcènes, d'autres des dialogues et des monologues, par différens arrêts défenfes très-expreffes leur ont été faites de fe fervir de leurs théâtres à d'autres ufages que ceux de leur profeffion qui leur font permis, à peine de iooo livres d'amende ct de démolition de leur théâtre, fans que la peine pût être réputée comminatoire, et aux- dommages-intérêts des comédiens françois ; quc quelques-uns defdits particuliers qui fréquentent les foires ayant contrevenu auxdits arrêts, repréfenté quelques fcènes en françois, d'autres des dialogues et d'autres des monologues, par arrêt du Parlement l'amende de 1000 livres leur a été contre eux déclarée encourue, qu'ils ont été condamnés aux dommages-intérêts des comédiens, ordonné que leurs théâtres feroient démolis, avec défenfes à eux de récidiver fous plus grande peine s'il y échet, lefquels arrêts feroient affichés où befoin feroit ; que ces particuliers, ayant mis tout en ufage pour éluder l'exécution defdits arrêts fous différens prétextes, et n'ayant pu y réuffir, ont tenté de repréfenter des piéces en mufique pour avoir occafion, fous ce prétexte, d'entremêler leurs chants de fcènes et de dialogues où ils parleroient, et pour- cet effet ont tâché d'obtenir de l'Académie de mufique la permiffion de chanter : Dont le feu roi ayant été informé, par arrêt de fon confeil du Davril 1709, en confirmant le privilège de l'Opéra ancien, a expreffément défendu aux donataires dudit privilège d'accorder aucune permiffion de chanter des pièces de mufique entières ou autrement aux danfeurs de corde ou autres gens publics dans la ville de Paris ; qu'au préju-£• dice dc tous ces arrêts ct défenfes y portées, quelques-uns defdits particuliers prétendant avoir obtenu la permiffion de l'Académie de mufique, repréfen-tent actuellement des pièces entières dans la foire St-Laurent qu'ils appellent opéras comiques, entremêlés de chants et de paroles; que la permiffion qu'ils prétendent avoir de l'Académie de mufique dc chanter ne Ies peut pas autorifer, puifqu'il cit expreffément défendu à cette Académie de leur en accorder, ct quand même elle auroit cette faculté, elle ne pourroit au plus s'étendre qu'à la liberté de chanter non pas de parler, puifque l'Académie de mufique ne l'a pas elle-même, mais les fculs comédiens françois. Et comme l'entreprife defdits particuliers eft une défobéiffance manifefte aux ordres du Roi et aux arrêts dé la Cour et une contravention qui fait un tort confidé-rable aux comédiens françois, ils ont été confeillés de nous en porter leur • plainte de laquelle ils requièrent acte, et pour conftater la contravention defdits particuliers, de requérir qu'il nous plut nous tranfporter à lafoire St-Laurent, dans le lieu où lefdits particuliers font leur repréfentation, pour être par nous dreffé procès-verbal des contraventions auxdits arrêts.
Signé: De La Thorillière; Botot-DAngeville ; Quinault de Fresne ; du Chemin.
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